Édouard Ferlet
Pianoïd 2
(Mélisses)
Jazz robotique
Un homme, deux pianos, drôle de tête à tête ! C'est Pianoid, conversation entre humain et machine, spontané et programmé, impro et techno... Et si ce numéro deux a une raison d'être, c'est qu'Édouard Ferlet a creusé son sujet. Plus joueuse, plus riche, plus escarpée, cette suite est aussi intéressante pour son arrière-cuisine que pour ce qu'il en ressort : une poésie ténébreuse et cubique où chaque son a sa fonction et où, c'est primordial, le dispositif n'entrave jamais la musique. De ce joli micmac pianistique (bruits de caisse, cordes étouffées, jeux avec les timbres, les couleurs etc...) on retiendra les grands gestes, les envolées, les cycles obsédants qu'on avait déjà croisés dans « Think Bach », les tensions et pauses détentes, les beats technoïdes et reflux mélancoliques. Tout cela fait de Pianoïd 2 une sorte de film, road-movie d'un doux entêté du piano, aussi habile soliste que machiniste.
On s'y plonge avec délice.
David Koperhant